Micro-entreprise ou régime réel : quand le passage devient rentable
Le micro applique un abattement forfaitaire, le réel déduit vos charges pour de vrai. La bascule tient à une question simple : vos charges dépassent-elles votre abattement ? Et à une autre, moins visible : le jeu en vaut-il la chandelle ?
L'essentiel
- Micro : abattement forfaitaire (71 / 50 / 34 %), livre des recettes, pas de bilan.
- Réel : charges réelles déduites, TVA récupérable, mais comptabilité complète.
- Le réel l’emporte quand vos charges dépassent l’abattement de votre activité.
- Le réel apporte aussi amortissements et récupération de TVA, utiles si vous investissez.
- Au-delà de l’impôt, le réel suppose un vrai suivi comptable, souvent avec un expert-comptable.
Deux logiques opposées
Le régime micro applique un abattement forfaitaire sur vos recettes pour calculer votre bénéfice imposable : 71 %, 50 % ou 34 % selon l’activité. Vous ne déduisez aucune charge réelle, mais en échange votre comptabilité se résume au livre des recettes.
Le régime réel fait l’inverse : vous déduisez vos charges pour de vrai (loyer, matériel, sous-traitance, véhicule), et vous êtes imposé sur le bénéfice qui reste. C’est plus juste quand vos charges sont lourdes, mais cela suppose une véritable comptabilité.
Micro ou réel, en un coup d’oeil
Régime micro
Simple, forfaitaire
Abattement forfaitaire, livre des recettes, pas de bilan. Idéal quand vos charges sont faibles par rapport à vos recettes. Pas de TVA tant que vous êtes sous les seuils de franchise.
Régime réel
Précis, exigeant
Charges réelles déduites, TVA récupérable, mais comptabilité complète (bilan, compte de résultat, liasse fiscale). Gagnant quand vos charges dépassent l’abattement forfaitaire.
La règle de bascule
Le raisonnement tient en une phrase : le réel devient intéressant quand vos charges réelles dépassent l’abattement forfaitaire du micro. Tant que vos charges sont inférieures, le micro vous fait économiser de l’impôt sans effort.
Concrètement, un prestataire BNC bénéficie d’un abattement de 34 % : si ses charges réelles représentent moins de 34 % de ses recettes, le micro est plus avantageux. Au-delà, le réel reprend l’avantage.
À partir de quel niveau de charges le réel l’emporte
Exprimé en part de vos recettes. En dessous, le micro gagne ; au-dessus, le réel devient plus favorable sur l’impôt.
| Activité | Abattement micro | Bascule si charges > |
|---|---|---|
| Vente de biens, hébergement | 71 % | 71 % des recettes |
| Prestations de services BIC | 50 % | 50 % des recettes |
| Prestations libérales (BNC) | 34 % | 34 % des recettes |
Ce calcul ne porte que sur l’impôt. Le réel apporte aussi la récupération de la TVA et la déduction des amortissements, qui peuvent faire pencher la balance plus tôt pour une activité qui investit.
Le réel, c’est une vraie comptabilité
Passer au réel, ce n’est pas cocher une case : c’est tenir une comptabilité d’engagement, produire un bilan et une liasse fiscale, et le plus souvent travailler avec un expert-comptable. Le gain d’impôt doit couvrir ce surcoût et ce temps. Pour beaucoup, le seuil réel de bascule n’est pas l’arithmétique, mais le moment où l’activité est assez grosse pour le justifier.
Les signaux qu’il faut y réfléchir
Vos charges explosent
Local, salarié, stock, sous-traitance : si vos dépenses dépassent votre abattement, le micro vous surimpose.
Vous investissez
Matériel coûteux, véhicule : au réel, vous amortissez et récupérez la TVA, ce que le micro ne permet pas.
Vous approchez des plafonds
Un dépassement durable des plafonds du régime micro bascule de toute façon au réel. Autant l’anticiper.
Tant que vous êtes au micro, gardez-le simple
Deviso couvre toute la facturation et le livre des recettes du régime micro. Et le jour où le réel s’impose, vos données sont déjà propres à transmettre à votre expert-comptable.
Essayer gratuitementQuestions fréquentes
Quelle est la différence entre le régime micro et le régime réel ?
Le micro applique un abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 %) et se limite au livre des recettes. Le réel déduit les charges réelles et récupère la TVA, mais impose une comptabilité complète avec bilan et liasse fiscale.
Quand faut-il passer au régime réel ?
Quand vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire du micro. Par exemple, pour un prestataire BNC (abattement 34 %), le réel devient avantageux dès que les charges dépassent 34 % des recettes.
Le passage au réel est-il obligatoire à un moment ?
Oui. Un dépassement durable des plafonds du régime micro entraîne le passage au régime réel. On peut aussi y opter volontairement.
Ai-je besoin d'un expert-comptable au régime réel ?
Ce n'est pas obligatoire, mais le réel suppose une comptabilité d'engagement, un bilan et une liasse fiscale. La plupart des entrepreneurs au réel travaillent avec un expert-comptable.
Le réel permet-il de récupérer la TVA ?
Oui, dès lors que vous êtes assujetti à la TVA, vous déduisez celle payée sur vos achats, ce que le régime micro en franchise ne permet pas.
Sources
- Service-public.gouv.fr, Régimes d'imposition des bénéfices, micro, réel simplifié et réel normal
- Service-public.gouv.fr, Régime fiscal de la micro-entreprise, abattements forfaitaires de 71 %, 50 % et 34 %
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S. Albert · Fondateur de Deviso
Développeur indépendant en Gironde, fondateur de Deviso. J'ai lu les spécifications externes de la DGFiP pour écrire le code qui s'y conforme, c'est de là que vient tout ce que vous lisez ici.
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